Comme nous pouvons le voir ci-dessus, ce célèbre physicien souligne que toute idée que nous ayons du temps absolu est fausse. La recherche effectuée en physique moderne vient le confirmer d'ailleurs. Le temps n'est pas absolu ; c’est une perception variable et subjective dépendant des évènements.
François Jacob, penseur, lauréat du Nobel et professeur en génétique de renom, écrivit dans son livre Le jeu des possibles ceci à propos de la possibilité d'un retour en arrière dans le temps :
"Les films en retour rapide nous permet d'imaginer un monde où le temps s'écoulerait en arrière. Un monde dans lequel le lait se sépare du café et sort de la tasse pour retourner dans le pot à lait ; un monde où les rayons lumineux sont émis depuis les murs pour être collectés dans un piège (centre de gravité) au lieu de jaillir de la source lumineuse ; un monde où la pierre revient dans la paume d'un homme par la coopération étonnante d'innombrables gouttes d'eau permettant à la pierre de sortir de l'eau. Pourtant, dans un tel monde où le temps présente ces caractéristiques contraires, les processus de notre cerveau et la manière qu'a notre mémoire de compiler l'information fonctionneraient également dans le sens inverse. La même chose vaut pour le passé et le futur et le monde nous apparaîtra tel qu'il apparaît actuellement." 2
Parce que notre cerveau fonctionne en arrangeant les événements en séquence, nous ne croyons pas que le monde fonctionne comme il décrit ci-dessus. Nous sommes persuadés que le temps fonctionne toujours en avant. Or, cette décision provient de notre cerveau. En cela, elle est tout à fait relative. Si l'information dans notre cerveau était arrangée comme un film projeté en mode retour, nous assimilerions le temps à un film projeté dans le sens inverse. Dans cette situation, le passé deviendrait le futur et le futur serait le passé. Notre mode de vie serait totalement opposé à ce que nous vivons actuellement.
En fait, nous ne pouvons pas savoir comment le temps fonctionne, s'il y a fonctionnement. Cela démontre que le temps n'est pas une réalité absolue, mais seulement une sorte de perception.
Albert Einstein, le grand physicien du 20ème siècle, démontra que le temps est une perception dans sa "Théorie générale de la relativité". Dans son livre, L'univers et Dr. Einstein (The universe and Dr. Einstein), Lincoln Barnett dit :
"Avec l'espace absolu, Einstein renonça au concept du temps absolu – d'un flux de temps constant, invariable, inexorable, universel, s'écoulant de l'infini passé vers l'infini futur. Une grande partie de l'obscurité ayant entouré la théorie de l'évolution provient de la réticence humaine à reconnaître que le sens du temps, comme l'odorat, est une forme de perception. Tout comme l'espace est simplement un ordre possible des objets matériels, le temps est simplement un ordre possible d'évènements. La subjectivité du temps est mieux expliqué avec les propres mots d'Einstein. "Les expériences d'un individu nous semblent arrangées en une série d'évènements ; dans cette série, les seuls évènements dont nous nous rappelons semblent être ordonnés selon le critère du 'plus ancien' ou du 'plus récent'. Il existe par conséquent, pour l'individu, un temps Moi, ou un temps subjectif. Ce n'est pas mesurable en soi. Je peux, en effet, associer des nombres avec des évènements, de telle sorte qu'un nombre supérieur est associé avec l'événement ultérieur plutôt que l'événement antérieur." 3
1) Tim Folger, "From Here to Eternity", Discover, Décembre 2000, p. 54
2) François Jacob, Le jeu des possibles, University of Washington Press, 1982, p. 111
3) Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane Associate, New York, 1948, p. 52-53


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