
Cette personne visualise l'image de la tasse de thé dans son esprit, en imagine son odeur et son goût dans son esprit. Malgré tout, elle ne réalise pas que le thé qu'elle déguste est en fait une sensation créée dans son cerveau.
Elle imagine que le verre existe à l'extérieur d'elle-même et elle parle à son ami, dont l'image se forme également dans son cerveau.
En fait, il s'agit là d'un cas extraordinaire. La supposition qu'elle touche le verre original et boive le thé original, sentiment renforcé par la dureté et la chaleur de la tasse et le goût et l'odeur du thé, démontre la précision et la perfection étonnantes des informations transmises par nos sens à notre cerveau.
Cette vérité essentielle, qui exige une attention soutenue, est exprimée par un philosophe du 20ème siècle, Bertrand Russell :
Ce sens du toucher que nous ressentons lorsque nous appuyons nos doigts sur une table, n'est qu'une perturbation électrique qui agit sur les électrons et les protons dont nos doigts sont composés, et causée, conformément à la physique moderne, par la proximité des électrons et des protons de la table.
Si cette même perturbation aux extrémités de nos doigts se produisait d'une autre manière,nous devrions avoir des sensations,et ceci bien qu'il n'y ait pas de table.1
Cette remarque faite par Russell est extrêmement importante. En fait, si les extrémités de nos doigts reçoivent ce stimulus de manière différente, nous pouvons alors ressentir des sensations totalement différentes.
Cependant, comme cela vous sera expliqué en détail ultérieurement, tout ceci peut aujourd'hui être réalisé grâce aux équipements de simulation.
A l'aide d'un gant spécial, une personne peut avoir la sensation de caresser un chat, de serrer la main de quelqu'un, de se laver les mains ou de toucher un objet solide, bien que rien de tout ceci ne soit présent physiquement. En réalité, bien sûr, aucune de ces sensations ne s'est produite dans le monde réel. C'est une preuve supplémentaire que toutes les sensations ressenties par l'homme se forment à l'intérieur de son esprit.
1) Bertrand Russell, ABC of Relativity, George Allen and Unwin, Londres, 1964, pp. 161-162
